Lancé en 2017 et soutenu par la Fondation du Patrimoine, le projet de restauration de la chapelle Sainte-Apolline, vestige du chœur de l’ancienne église Notre-Dame de Drain (Maine-et-Loire), a abouti l’an dernier. L’édifice perché sur un promontoire au-dessus de la Loire angevine et de ses boires a aujourd’hui belle allure.

Drain 2La chapelle Notre-Dame (ou Sainte-Apolline) à Drain
  

Un article du Courrier de l’Ouest daté du 28 octobre 2017 rapportait le souhait de la municipalité de Drain de restaurer la chapelle Sainte-Apolline (1), avec le soutien de la Fondation du Patrimoine. Une souscription fut donc lancée pour aider au financement de cette opération consistant dans la réfection complète des façades, du changement à l’identique de la porte d’entrée en bois et de la restauration du clocheton, pour un montant estimé à plus de 95.000 € H.T. (2) La création d’un vitrail était aussi prévue pour orner l’oculus de la façade.

Le chantier a été mené au début de l’année 2019, dans la foulée des travaux d’aménagement du bourg (3). La chapelle est à présent resplendissante. La plaque du Souvenir Vendéen n’a pas été oubliée ; son ardoise a été nettoyée et ses lettres entièrement redorées.

Cette plaque, qui fut bénie le dimanche 20 septembre 1987 (4), rend hommage à Paul-René Guillet de La Brosse, qui fut curé de Drain de 1782 jusqu’à sa mort tragique dans la première noyade en Loire.
  

Drain 5La plaque du Souvenir Vendéen
  

Né à Vitré en 1727, au sein d’une famille fortunée, ce prêtre fut ordonné en 1758 en la cathédrale de Nantes. On le nomma d’abord vicaire à Anetz, puis brièvement à Cugand et, en 1771, à Saint-Étienne-de-Mer-Morte. Promu recteur de Saligny en 1778, il reçut enfin la charge de la cure de Drain quatre ans plus tard.

Il avait déjà plus de 60 ans lorsqu’il démissionna en faveur de son neveu, Joseph-Marie Guihéry des Landelles, tout en demeurant dans sa paroisse. C’est probablement sous l’influence de ce dernier, un prêtre totalement acquis aux idées nouvelles, que l’abbé Guillet de La Brosse accepta de prêter le serment constitutionnel à Nantes en 1791. À son retour, le vicaire de Drain en fut surpris et le mit en garde contre les conséquences de cet acte.

Accablé par cette remontrance, l’abbé Guillet de La Brosse se ravisa, repartit aussitôt pour Nantes afin de désavouer son serment. Cette décision lui attira les foudres des autorités qui l’assignèrent à résidence dans la ville. Le vieux curé de Drain parvint cependant à rentrer dans sa paroisse où il fut surpris en juin 1793, puis conduit sur un bateau-prison ancré sur la Loire, la Thérèse. À la fin du mois de septembre, on l’enferma aux Petits-Capucins. Un mois et demi après, la première noyade ordonnée par le représentant Carrier l’engloutit dans la rivière, avec plus de 80 autres prêtres, dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793 (5).

Drain 6La chapelle avant et après restauration

Drain 4Le décor de tuffeau sculpté de la façade : le clocheton, l'oculus et son vitrail de sainte Apolline (on aperçoit la tenaille de la sainte patronne des dentistes) et la voussure de la porte d'entrée

Drain 1Le panorama sur la vallée de la Loire
  


Notes :

  1. Cette appellation est relativement récente. La chapelle porte également le nom de Notre-Dame, puisqu’elle formait le chœur de l’ancienne église paroissiale qui fut démolie à la fin du XIXe siècle pour être rebâtie plus haut sur le coteau.
  2. Oréemag (bulletin municipal de la commune d’Orée-d’Anjou) n°3, octobre 2018, p. 33.
  3. Oréemag n°6, mai 2019, p. 27.
  4. Le compte rendu de cette journée a été publié dans la Revue du Souvenir Vendéen n°161 (décembre 1987), pp. 5-11.
  5. A. Jarnoux, La Loire leur servit de linceul. Les prêtres victimes de la première noyade, Nantes, 16 novembre 1793, 1972, pp. 89-92.