Deux noms de rues de La Limouzinière (celle de Loire-Atlantique et non de Vendée) ont un lien avec des figures de la Grande Guerre de 93. On n’y trouve pourtant pas celui de Charette, alors que cette commune se situe sur les terres du « Roi de la Vendée », au sud du Pays de Retz.

La Limouziniere

La rue Gazet de La Noë

Alexandre Gazet de La Noë est né à La Limouzinière en 1776. Il avait donc à peine 17 ans lorsqu’il fut appelé à rejoindre l’insurrection après l’émeute qui avait éclaté à Saint-Philbert-de-Grandlieu le 10 mars 1793. Son père âgé de près de 60 ans y prit part lui aussi, à la tête du comité royaliste de la paroisse. Le jeune Alexandre rallia la troupe constituée autour de Charette et fut même, au dire de Lucas de La Championnière, l’un de ses officiers les plus remarquables (1).

Après la reprise de Noirmoutier le 12 octobre 1793, Charette établit dans l’île une garnison de 1.500 hommes et désigna pour les commander plusieurs de ses officiers, parmi lesquels Alexandre Gazet de La Noë. Le 3 novembre, ils accueillirent le généralissime d’Elbée, blessé deux semaines auparavant à la bataille de Cholet, mais leur position, dernier réduit vendéen assiégé par les républicains, ne pouvait pas tenir bien longtemps. L’île tomba le 3 janvier 1794. Dès le lendemain, ses défenseurs furent condamnés à mort et emmenés par chapelets de 60 prisonniers dans le quartier de Banzeau, à l’écart de la ville de Noirmoutier, pour y être fusillés à la chaîne par les Bleus. Ainsi périt Alexandre Gazet de La Noë, qui n’avait pas encore 18 ans (2). 
   


La rue Félix Davy-Desnaurois

La Limouziniere 2

Maire de La Limouzinière de 1841 à 1870, puis de 1871 à 1873, Félix-Joseph Davy-Desnaurois (1807-1886) n’est pas directement lié aux guerres de Vendée. Son père en revanche y prit une part active. Charles Davy Desnaurois (1767-1842) fut en effet l’un des officiers de Charette. Il était installé comme chirurgien à Saint-Étienne-du-Bois depuis 1791 lorsqu’il fut enrôlé de force dans la garde nationale. Capturé par les insurgés, puis conduit à Palluau, il fut reconnu par Charette qui l’intégra à son armée de Legé. Il fut nommé aide de camp, et plus tard major général en second (3), poste important au sein de l’état-major ; à cette époque il ne pouvait plus combattre en raison d’une blessure grave reçue en janvier 1794. Après le traité de paix de la Jaunaye, qu’il signa en février 1795, il redevint officier de santé à Saint-Étienne-du-Bois. En dépit d’une brève incarcération en 1798, Charles Davy Desnaurois survécut à la Révolution et fut récompensé de ses services par la croix de Saint-Louis et une pension accordées en 1815 (4).
      


La place du Chaffault

La Limouziniere 1

La Limouzinière comprend également une place du Chaffault, dont le nom ne vient pas de Louis-Charles de Besné, comte du Chaffault (1708-1794), héros de la marine royale, mort dans les prisons de Nantes en 1794, mais d'un lieu-dit situé sur la commune. Joseph-Charles Gazet de La Noë, le père d'Alexandre, était d'ailleurs seigneur de la Noë et du Chaffault.
   


Notes :

  1. P.-S. Lucas de La Championnière, Mémoires sur la guerre de Vendée (1793-1796), rédigés en 1798, publiés en 1904 (rééd. Pays et Terroirs 1994), p. 24.
  2. Pour en savoir plus : Vincent Doré, Alexandre Gazet de La Noë : une jeunesse sacrifiée, Lettre de Vérité pour la Vendée n°46 (avril 2016).
  3. Hyacinthe de La Robrie était le major général de l’armée de l’armée de Charette. René Bittard des Portes, Charette et la guerre de Vendée, 1902 (rééd. Pays et Terroirs 1996), p. 88, note 2 ; cet auteur l’appelle « David des Norois ».
  4. Pour en savoir plus : Henri Phelippeau, Un officier de Charette méconnu : Charles Davy Desnaurois (1767-1842), Vendée du Nord-Ouest hier et aujourd’hui (juillet 2017), Société d’Histoire et d’Études du Nord-Ouest Vendée, pp. 87-99.