On ne compte plus les biographies de François-Athanase Charette de La Contrie, le « Roi de la Vendée » selon l’expression consacrée. En voici une nouvelle, dont l’originalité tient à son auteur, Patrice de Charette.

Charette

Certes ce petit livre n’a pas la prétention des ouvrages les plus fouillés sur Charette, tels qu’ont pu les produire René Bittard des Portes en 1902 ou Lionel Dumarcet en 1998. Joliment présenté sous une couverture cartonnée et très abordable par son prix, il s’inscrit dans une collection de poche dédiée à divers personnages historiques, de Jeanne d’Arc à Jules Verne, en passant par Richelieu et Samuel Champlain. Charette est ici le seul à toucher la période révolutionnaire.

L’auteur, Patrice de Charette, entame son récit par la généalogie. Il s’y connaît puisqu’il descend en droite ligne de Louis-Marin Charette de La Contrie, qui suivit son frère cadet (le général vendéen) tout au long de la guerre jusqu’à sa mort au combat de la Bégaudière, le 21 février 1796. Les chapitres empruntent le fil chronologique de la vie du « Grand Charette », depuis ses années de jeunesse dans la marine de 1779 à 1789, jusqu’à son exécution à Nantes le 29 mars 1796, qui marqua symboliquement la fin de trois années d’épopée vendéenne et la naissance d’une véritable légende.

« Monsieur de Charette arrive en Vendée »

Cette légende a profondément marqué l’imaginaire des Vendéens depuis plus de deux siècles, tant et si bien que lorsque Patrice de Charette fut désigné comme président de la cour d’assises de La Roche-sur-Yon à la fin des années 80, un quotidien régional titra : « Monsieur de Charette arrive en Vendée ». Le magistrat sentit là tout le poids de cet héritage familial lui qui, quinze ans plus tôt, y avait déjà été confronté dans une affaire houleuse.

En décidant la mise en détention d’un chef d’entreprise pour homicide involontaire après un accident mortel du travail, Patrice de Charette avait en effet été l’objet d’insultes et de menaces d’individus qui le jugeaient traître à sa classe d’aristocrate. Beaucoup d'autres le soutenaient cependant. Un de ses oncles lui déclara d’ailleurs qu’il était fier de voir son nom « à nouveau illustré par la défense du faible contre les abus du fort », une phrase qui disait tout du Charette de 1793.

Patrice de Charette, Charette, La Geste, 180 pages, paru le 1er septembre 2021, 9,90 €.