La Mission Patrimoine pilotée par Stéphane Bern a dévoilé hier la liste des cent sites qui pourront bénéficier d’une aide financière destinée à leur restauration ou à leur sauvegarde. Parmi eux figure le logis de la Chenulière, à La Chapelle-Saint-Laurent (Deux-Sèvres). 

La ChenuliereLe logis de la Chenulière en 2015 (à gauche, Pierre Gréau, à droite Angélique)
   

La Mission Patrimoine a été confiée en 2017 à Stéphane Bern dans le but d’identifier des bâtiments d’intérêt historique ou patrimonial en péril et d’obtenir des sources de financement pour les préserver. Pour cette édition 2022, une première liste de 18 sites emblématiques a déjà été présentée en mars dernier. La seconde, comportant cent lauréats, l’a été hier. On y trouve un vieux logis que les adhérents du Souvenir Vendéen connaissent probablement, puisque certains d’entre eux ont eu la chance de le visiter lors de la journée à Amailloux et La Chapelle-Saint-Laurent, le samedi 3 octobre 2015 : la Chenulière (1). 

L’endroit se situe à proximité d’une petite route tortueuse qui, de La Chapelle-Saint-Laurent, peut vous mener à Clessé si vous ne vous y perdez pas, ou bien à Boismé par les Cinq-Chemins. On accède à la cour intérieure de ce vénérable logis de la fin du XVIe siècle, typique de la région, par un haut porche flanqué d’une porte piétonnière que surveille sur la droite une grosse tour ronde au sommet arasé. La maison forte se dresse massive et trapue au fond de la cour, défendue par de solides grilles aux fenêtres et par une échauguette à son angle le plus exposé.

La Chenuliere 1Visite du Souvenir Vendéen à la Chenulière le 3 octobre 2015,
explications de Michel Chatry devant la croix

   

Le logis de la Chenulière aurait été brûlé à la fin du mois de janvier 1794 par la première colonne infernale, celle qui devait parcourir le pays de Parthenay au Tallud-Sainte-Gemme, en passant Saint-Germain-de-Longue-Chaume, La Chapelle-Saint-Laurent, Moncontant et Montournais (2). La tradition locale rapporte que des corps ont été inhumés non loin de là, pendant les Guerres de Vendée, au pied de la croix de granit érigée au bord de l’allée qui conduit au logis. S’agit-il d’un massacre commis par les Bleus à cette époque ? Il est plus vraisemblable, d’après Pierre Gréau (3), qu’on ait là des victimes d’un combat et que ces corps soient ceux de soldats républicains tués au cours de leur déroute, après la victoire que les gars de Marigny avaient remportée à Boismé, le 18 avril 1794.
   

La Chenuliere 2
La croix de la Chenulière
      

Remarque : Désolé pour la piètre qualité des photos. Si j'avais bien apporté mon appareil et mes objectifs ce jour-là (3 octobre 2015), j'avais oublié la carte mémoire. J'ai dû me débrouiller avec mon vieux téléphone. C'est ballot !
   


Notes :

  1. Le compte rendu de la journée a été publié dans la Revue du Souvenir Vendéen n°273 (décembre 2015), pp. 37-39.
  2. J.-J. Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française, t. III, p. 42. 
  3. Réponse partielle à la question n°636 de « Chercheurs et Curieux » (sur l’origine de la croix de la Chenulière), Revue du Souvenir Vendéen n°222 (mars 2003), pp. 48-49.